e-Slam !
L'Art est Public...
Qui je suis ?
e-Slam !
Joutes SLAMiCALES
Soundiata Keïta
Mes unis vers...
Ah! La lettre !
Potes en tas !
 
ABSENCE

J'ai fait, hier, ce rêve :
Dans ta chambre résonnaient
Tes rires d'enfant.
Mais ce matin,
Sur ton petit lit,
Il n'y a que mes larmes
Et tes peluches bien rangées.

J'attendrai.
Pour vaincre mon chagrin, éviter la démence,
J'ai empli mon coeur de foi et d'espérance.
J'attendrai.
Tant qu'il y aura un « peut-être » à ton existence,
J'accorderai à chaque jour sa chance.

Je le sais, oui,
Je le sais.
Tu n'es pas parti,
Non.
Tu es juste

absent.


(© logo "VIctimes En Série")


Ca vous intéresse de savoir ce que vous mangez ?
PRENDS MOI !

Prends-moi !
Enfonce-toi dans mes sillons profonds !
Plante ta graine en moi, laboure-moi, défonce-moi !
Je suis à toi, prends-moi, prends-moi tout entière !

Prends-moi !
J'ai beau être ta mère, je m'ouvrirai pour toi !
Tu peux me caresser de tes mains, enfoncer tes doigts en moi,
Tu peux me tripoter l'essaim et suçoter mon miel,
Je suis à toi, prends-moi toute, prends-moi sous le bleu ciel !

Prends-moi !
Couche-toi sur moi ou bien reste debout,
Piétine-moi, cogne, frappe-moi comme un fou,
Laisse-toi aller à fond, n'hésite pas surtout !
Je suis à toi, prends-moi, toute ou bien par petit bout !

Prends-moi !
Tu peux goûter mes fruits, même s'ils sont un peu mûrs,
Tu peux lécher mes feuilles, j'adore, tu peux en être sûr !
Quand tu me fouilles je fonds, même si tu es un peu dur,
Je suis à toi, prends-moi toute, d'hier à aujourd'hui et jusque dans le futur !

Comme toute mère digne qui donne à ses enfant
Et son corps et sa vie, et ses gouttes de sang,
Sans pudeur je m'offre à tes yeux qui détaillent
Mes courbes et mes rondeurs, qui mesurent ma taille ;
J'ai tout ce qu'il te faut, prends-le avec amour,
Mais écoute ma requête, et sois noble à ton tour :
Pour que moi, ta planète, te protège toujours,
Empêche les « Monstres En Tox' » de jouer leurs vilains tours,
Ne laisse pas l'OGM arriver dans ton four,
Reviens à ma nature et prends-moi tous les jours.

(© photo "Greenpeace")


(© Michel Vilella)
LE POINÇONNEUR DÉLICAT

J'suis l'poinçonneur délicat ;
Ici, à six quais sous terre, autant j'blablatte et j'déblatère, autant j'oblitère ;
Avec moi, pas d'mystère : pour avoir un ticket faut avoir un ticket, c'est clair !
Tu pourras babiller quand t'auras ton billet, en orange, en jaune ou en vert,
Ou même en violet ; et qu'importe la zone, s'il est bon ton bon, tu verras j'suis pas sévère,
Moi, c'est quand j'prends un carton que j'rends pas la sanction, car...

J'suis l'poinçonneur délicat ;
Ici, j'suis OK, une fois qu'j'ai pointé, j'fais des pointillés sur bristol ;
Et ouais!, pour m'faire des ronds j'fais des ronds dans des bouts d'papier !
Des fois, j'me défoule en r'gardant défiler les foules qui foncent et filent,
J'm'éclate en filant c'défilé fou d'folles étapes filantes,
Indocile assaut de lentes ou furtives foulées foulant là le sol en files ;
Dans l'tas, t'as ceux qui s'foulent pas et t'as ceux tassés qu'on r'foule ;
Ceux qui défouraillent une foultitude de leurs fouilles et ceux qui s'en foutent ;
T'as aussi, silencieux, les inquiets, les anxieux, ceux pour qui tout est drame ; pis...
T'as ceux qui réclament, blament, brament, ruminent et qu'ont pas bonne mine,
Ceux qui prennent l'air de l'amer en t'disant « c'est assez! » : les éxecrab' !
Ceux qui s'balancent de travers et te balancent, sévères :
« Mais qu'est-ce quelle trame cette rame ? »

Enfin, moi...
J'suis l'poinçonneur délicat ;
En dépit du képi, j'suis loquace à l'occase et je jacasse de ma place ;
Car c'est qu'j'en ai des trucs à caser, des cas bruts de première ou d'seconde classe !
Mon grand kif, c'est quand j'capte cash une chronique comique ;
Mais j'ai aussi du classique, de l'anecdotique, du sympathique -
Et j'ai même du tragique !

Tiens ! Comme ce quidam et sa dame, qui s'prennent le bec sous l'macadam ;
Ce mec, au lieu d'la bécotter, c'est des salamalecs plates qu'il lui clame !
Faut dire qu'avec une pète-sec d'une telle espèce, t'exclus direct le bouche-à-bouche,
Surtout, une fois qu't'es descendu dans les bouches du trom' !

Moi ? J'suis l'poinçonneur délicat ;
Ici, on me dit délicat car j'ai l'éthique poétique et chic ;
Un tantinet philosophique, j'aime le beau,
Même si je n'ai trouvé ma voie qu'en gardant la ligne,
Et que maintenant, pour moi, le métro, c'est mon boulot avant le dodo...

(Extrait de la comédie musicale "En mots Re-passant", d'après "En passant" de R. QUENEAU - Ville de Maurepas - 04 juin 2008).

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El Hadj N'Diaye
EL HADJ N'DIAYE

Bonjour, comment ça va ?
On dit de moi que j'ai la tête en bas,
Que mes racines sortent de terre pour embrasser le ciel ;
On raconte que les génies m'ont choisi pour élire domicile,
Et que la nuit porte aux tympans le souffle sacré de leurs voix ;

Je suis le tronc sans feuilles et centenaire,
Je suis le refuge du djeli, de celui qui marche sur les terres,
L'écrin dernier de l'homme sans bornes qui nomme chacun de nos pères ;
On dit de moi avec émoi que j'ai en moi les mânes émanant des griots ;

Autrefois, Soundiata Keïta me prit sur son puissant dos,
Me donnant à sa mère, comme un noble cadeau ;
Aujourd'hui je viens, de Dakar à Thiaroye, jusque devant ta maison,
Et je pousse à tes pieds, moi, qui pour cet empereur offrit ma floraison ;

Car tu es pareil à lui, ta voix est la flèche et l'ergot ta guitare,
Quand tu chantes pour les coeurs de ceux qui crèvent en silence,
Les sans droits du désert, les morts de Casamance, -
Quand tes mots dits maudissent les poches remplies du sang des dollars ;

Je suis le baobab, l'emblème au corps lisse du Sénégal, je suis l'arbre debout ;
À toi qui par le monde pince les cordes et qui chante pour nous,
Je porte le merci des muets, des petits, je porte le salut de ceux de ton bercail ;
Salaamaalekum ! Salut à toi ! Agsil,


EL HADJ N'DIAYE

DédiK'Slam du 24 mai 2008 (site officiel)

Poézique Actuelle
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